4 ans ...
mon petit, mon petit
tu grandis ...
très bel anniversaire, mon tendre ...!
Carnaval ...
- Jack's redingote en lin crème et lin enduit noir, (patron maison) -

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise, mais, enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront :
« il est l'heure de s'enivrer ! Pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous : enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.»
"Enivrez-vous" , Charles BAUDELAIRE (in Spleen de Paris)
comment trouver les mots
mais oui,
comment voulez-vous ?
trouver les mots
traduire l'état de béatitude, de réel bouleversement
dans lequel j'ai été
dans lequel je suis encore ?
Oser à peine croire que
oui, c'est mon petit monde,
mon Pralin
qui ont fait naître chez Sabine
l'envie,
l'inspiration ...
me propose un jour d'automne, le plus simplement du monde,
d'adapter pour mon petit,
un des Tricots des quatre saisons
(rien que ça ...!)
Et c'est avec l'aide précieuse de
Carole de Marne, l'Immense Artiste-Créatrice
(rien que ça...!)
qu'elle s'est mise à gravir, comme elle l'écrit et le raconte ici,
son "Himalaya"...
alors comment trouver les mots pour dire
pour écrire,
pour décrire
l'écarquillement perpétuel de mes mirettes, de mon cerveau,
à la seule pensée que travaillaient en (presque) secret
deux des femmes les plus talentueuses du pays
rien que ça
rien que pour moi
rien que pour mon Pralin
la version garçon de l'ensemble Capriate
et plus dur encore
décrire le nouveau bouleversement quand, tremblante,
j'ai ouvert un colis qui longtemps avait voyagé
avant d'oser se poser, là, entre mes mains ...
toucher du bout des doigts le fil, la douceur de la laine Yack di Luce, admirer les points
prendre le temps, délicatement, de déplier, petit à petit, chaque pièce,
ce petit pull près du corps, laissant vivre à son aise le Pralin, épousant avec grâce ses mouvements d'enfant ,
cette petite encolure qui laisse voir ce qu'il faut de ce petit cou,
ce jeu entre les chevrons, le point de riz, et, ooh !, cette petite torsade posée là sur la petite cravate !
et puis il y a la culotte courte, bien sûr, évidemment,
la culotte courte à bretelles, dont j'attendais tout de même avec grande impatience, l'effet qu'elle allait bien pouvoir donner ...
pour finir, la surprise de ce petit slouch... mais oui, lui aussi, il est d'une évidence !
et j'avoue que lorsque j'ai habillé mon bonhomme, j'ai pas cessé de m'exclamer, de dire que non ce n'était pas possible, tellement c'était beau, tellement c'était précieux, tellement je prenais conscience de la somme de travail, tellement c'était vivant, immense, tellement c'était "ça", tellement c'était lui !
aujourd'hui, enfin, avoir trouvé le temps d'un peu de soleil et d'un charmant petit village du Sud pour tenter de rendre hommage à ces deux femmes.
Cette aventure m'a bouleversée, et me bouleverse encore.
Merci Sabine d'avoir gravi jusqu'au bout ton Himalaya, tu as mis de la féérie dans notre petite vie, avec humilité et élégance. Merci, tellement merci.
Merci Carole d'avoir été là, précieuse, d'avoir fait confiance à la dégaine de mon petit pour porter le premier la version garçon de cet ensemble de merveille qui, comme toutes vos créations, est un hommage à celui qui la porte.
Merci à toutes deux de savoir ainsi, par le travail du fil,
apprendre aux corps
la sensualité d'une fibre sur la peau
apprendre aux corps
à exiger la douceur
laisser libres les corps,
de danser,
de bouder,
de courir,
de rêver ...
Mesdames, je m'incline ...
"les petites choses"
Elle dit "une petite pensée"
elle dit "ces petites choses"
et elle vous envoie ça sans crier gare
un petit paquet rien que pour moi
et juste comme ça
pour rien
juste pour moi
rien que ça
Elle, c'est Phanie,
et Phanie ...
voyez un peu ce qu'elle entend, par
"petites choses" ...
bouleversée j'ai été
bouleversée je suis encore
de cette "petite pensée"
de ces "petites choses"
crochetées, coupées, cousues
rien que pour moi
j'aime la chaleur de dentelle du petit chauffe-épaule qui en douceur se pose
j'aime la grâce de ces mitaines qui courent sur le bras
j'aime le jeu de valse des lettres qui disent mon nom
(et qui se retournent pour dévoiler d'autres mots encore... mais que je garde, ceux-là, rien que pour moi...)
merci, mon immense, mon unique Phanie,
toi qui sais de mes secrets ...
toi qui,
de retour sur les bancs de l'école, trouve,
je l'espère si fort
tes chemins de lumièreS !
moujik de l'ouest
rien que les noms ...
lumière slave ... cumin ...
les noms de deux petites pelotes de Dolce di Luce
lumière slave ... cumin ...
avec elles entre les mains
me sentir presque capable de faire ce petit
débardeur Rigatura
un modèle Lulu la guitare / Carole de Marne dont les créations depuis longtemps m'époustouflent ... Sabine en sait quelque chose qui, en tricoteuse terriiiiblement talentueuse, lit mes cris d'admiration chaque fois qu'elle nous montre un de ses ouvrages et qui ... mais chuuuut ... je n'en dis pas plus car il se pourrait bien que ...mais chuuut ...
bref ...
Trouver l'apaisement à tricoter un brin
et un vrai délice,
encouragée par un petiot qui me dit : " Oh mais c'est trop joli ces couleurs ! comment tu fais pour tricoter avec ces deux couleurs ? C'est un pull pour qui ? Oh et il est tout doux, mais tu l'auras fini quand ? Bientôt ?"
Puis dans un lin épais et noir, coupée une culotte de moujik, taillée sur la base des sarouels précédents, mais avec une fourche plus haute et des jambes plus larges, "chevillées" d'un coton cumin dans lequel un élastique appuie l'effet bouffant. Trois petits boutons anciens, chinés par ma petite soeur, terminent la culotte dont j'aime la simplicité, l'effet et dont le Pralin aime le confort...
doux hiver où ...
je poursuis
encore et toujours
un peu de poudre d'avant
un peu de graine d'ailleurs
une silhouette que vous connaissez bien
pour le Pralin d'hiver
mais dont je ne me lasse pas
tellement c'est lui
non je pouvais pas m'empêcher de lui en coudre un
encore
tellement c'est lui ...
un chaperon long (modèle du 296, comme ici, mais taillé en 120) en drap de laine vert de gris (coupons St Pierre, Paris) , doublure en laine noire (Toto), douce et chaude ( qui me fait penser aux tissus des manteaux que portait... mon arrière-grand-mère, vous voyez ? ), et gros boutons de bois
un col simplissime en mohair (qualité Puddel de chez Drops), 2 fils écru et beige clair tricotés ensemble
et pour renouer avec une bonne vieille coutume d'ici,
un brin de ciné muet ...
fin janvier au Botanique
un rayon qui perce la grisaille
un clin d'oeil à ma Roumaine de soeur
un chaperon qui me transporte
comme promis
du coté de chez Ronnis ...
faire appel aux fées
pour illuminer les nuits et les jours de
mon neveu d' Aliocha
petit prince des steppes ...
il y a eu le doudou renard de la fée Bouilles de coton
il y a maintenant l'assiette des premiers plaisirs gustatifs de
la fée Blabla
forcément ...
la fée Blabla ...
qui d'autre aurait su, avec autant de finesse et de tendresse
animer
la toute première porcelaine de ce petit bonhomme
que sa maman trimballe
sous notre yourte à spectacles ...?
Merci Anne ...
j'ai vu, dans les yeux de ma soeur
des petits trucs briller,
le soir de Noël
à la découverte de ton oeuvre ...
(au milieu de la porcelaine, et parce que ce sont aussi les couleurs de la Mongolie qui m'ont inspirée, une petite tenue que j'ai cousue il y a quelque temps déjà ...un petit ensemble C'est dimanche qu'Aliocha a porté, porté, porté !)
attrape-promesses
attraper ce premier jour
comme une promesse
promesse à mille voeux
non non
promesse à quelques voeux seulement
ce sera déjà bien
quelques petits voeux bien résistants et indispensables
portant en eux
toutes ces petites choses
qui feraient naître
une nouvelle lumière
une chaleur
solide
et dansante
poser là cette photographie
Willy Ronis, bien sûr
et
la dégaine de ces mômes aux capuchons
leur marche vers
...
aimer suivre celle de mes mômes à moi
leur marche, à eux, vers
sans oublier la mienne
de marche vers
une lumière
ou mille loupiotes
peu importe
réussir tout ça
sans craindre d'oser
se reposer soi
prendre le temps de
prendre l'air
...
dessiner d'autres dégaines
crayonner
la matin, le soir, la nuit
qu'importe
rêver les étoffes, les teintes et les teintures
les coupes, les idées simples
en embellir la vie
en habiller la scène
encore et encore
...
à tous, à toutes,
je souhaite la plus jolie, la plus sereine, la plus enivrante des années à venir !
Longtemps de silence
pour mille et mille raisons
mais je ne vais pas ici parloter, parlementer, m'étaler
gribouiller, clavillonner,
non non non
je vais
juste poser là
quelques images
du Pralin de ce décembre ...
pantalon* inspiration 1930 (patron maison) : laine (Paris), doux et fluide, à pinces, pli devant, droit, à poches, et court sur le soulier, à larges revers cousus ...
liquette* (patron maison) en voile de coton (France Duval-Stalla) et boutons anciens dépareillés blanc-crème-ivoire
Gavroche Immense en lin naturel
oui ...hum ...
la série est bien maigre après une aussi longue absence, me direz-vous,
et pourtant,
et pourtant, je ne chôme pas, je vous le promets !
allez, oserais-je dire ... que je reviens vite ?!
* créations protégées par Copyright
mon premier poème ...

12 ans aujourd'hui
et pour l'occaze
en Meriem noir et blanc
se faire un film muet
celui-là qu'on attendait tant ...
sortir de cette soirée à deux
rien qu'à nous
mère et fils
large sourire aux lèvres
quelques mots ou si peu
parce qu'avec juste
l'envie
de danser
et se promettre d'un jour
chausser des claquettes !
(Meriem en coton superbe de chez Etoffes des héros)









































































